Comet Club



Les extra-terrestres pourraient bien être la solution. Englués dans une vie familiale qui sent franchement le roussi, Yang Kuaikai le petit génie et le remuant Li Yu s’entichent du Comet Club, un groupe de lycéens qui croit fermement dans l’existence des ovnis. Après Easy Breezy et Deep Vacation, la Chinoise Yi Yang remet le couvert avec sa série en forme de buddy movie ultra-dynamique qui cache une vision originale de l’adolescence et de ses remous. On retrouve ici le duo désaccordé occupé à chercher une lumière en dehors du foyer. Une lumière venue du ciel.
Oui, Comet Club est une suite. Mais, non, il n’est pas nécessaire de lire les deux premiers pour pouvoir suivre ce troisième volet. L’autrice, depuis longtemps installée en Italie, a l’art de croquer en très peu de dialogues le caractère et les singularités de chacun de ses personnages. Ainsi, les deux lycéens nous jettent vite au visage leurs rôles bien distincts – l’un téméraire et courageux, l’autre prudent et réfléchi – pour que le véhicule de l’aventure puisse avancer à toute berzingue. Car voilà ce qui nous saute aux yeux dès le début : la capacité de Yi Yang à emballer le tempo et faire s’enflammer la lecture. Son dessin cabossé, sa mise en scène audacieuse et ses cases remplies à foison viennent impulser une dynamique suivie par un scénario qui ne prend que rarement la pause.
Mais il serait trompeur de penser qu’il ne s’agit que d’un pur divertissement. Car derrière le bruit et la fureur d’une aventure où l’on croisera des extra-terrestres probables, un bébé tigre et des braconniers furibards se niche aussi un discours sur la façon dont nous affectent nos milieux sociaux et familiaux et sur la manière dont on peut s’en extraire. Ainsi, les parents et leurs imperfections sont-ils au cœur d’un récit qui vient percer la bulle bien connue de la bande de copains pour y faire entrer les adultes et, finalement, faire peser le passé sur ces jeunes gens plein d’avenir. Et si Yi Yang ne dispose que de trop peu de temps pour la rendre extrêmement subtile, cette couche sentimentale vient à point diluer un cocktail explosif qui frôle parfois le trop-plein. Les extra-terrestres font ici le lien entre ces deux pôles de l’histoire, désignant un ailleurs – fut-il exo-planétaire – dont on se demande si il est tellement enviable. Mais bon, au cas où, ils sont là.
Traduction : Aude Lamy
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