Dernière chance pour trouver Duke



Avec son épaisse tignasse noire et son visage jovial, 063 est un jeune homme qu’on a envie d’aider. Et de l’aide, il va en avoir besoin ! Car cet entomologiste s’est lancé dans une quête improbable : observer le légendaire « criquet Duke », baptisé en référence à Duke Ellington, car son chant évoquerait un air de piano jazz. Hélas, la bestiole n’a jamais été correctement identifiée ni répertoriée, et c’est à une chasse à l’aveuglette à laquelle 063 s’attelle. Mais l’important, c’est de chercher ou de trouver ?
Imaginé par un artiste d’origine chinoise installé en France, publié en sens de lecture japonais et traduit de l’anglais, cette traque du minuscule est une sorte de road-movie à pied dans une campagne imaginaire et désertée. Propice à l’introspection, cette épopée de la lenteur jouit d’un ton particulier, tout en retenu. Au gré de ses rencontres – étonnantes et chaleureuses – 063 en découvrira davantage sur lui que sur les monde des insectes, et portera un regard différent sur la nature sauvage. Une nature brossée dans un style plus proche de la BD indé européenne que du manga, dans des nuances de gris curieusement rehaussées de violet foncé. Vibrante, banale en apparence, porteuse d’inconnu. Une fois acceptée la démarche de l’auteur, refusant le spectaculaire et le trépidant, on peut alors se laisser gagner par le doux mystère de l’ensemble, et comprendre le désarroi du héros, avançant dans l’ombre de chercheurs plus clinquants car exhumant des dinosaures. De ce livre atypique par bien des aspects, on ressort touché, apaisé, intrigué. Et c’est suffisamment rare pour être apprécié.
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