Les Visiteurs
Roger et Syd sont deux Anglais en visite à Amsterdam, pour soutenir leur équipe nationale de foot contre les Oranje. L’occasion de profiter des charmes de la ville, ses canaux, ses parcs, sa bière brune, ses champignons hallucinogènes en vente libre, ses prostituées en vitrine… Mais pour Syd, c’est aussi un moment délicat, car c’est dans cette ville que son frère jumeau est mort quelques temps auparavant, noyé.
Le Néerlandais Guido Van Driel, en plus d’être scénariste et auteur de BD (c’est sa première traduite en France), est aussi cinéaste. On le sent dans les cadrages, le découpage, les champs/contre-champs et le rythme de cet album, dont les cases peintes au sont autant de plans à coucher sur pellicule. La composition fonctionne bien, tout comme les histoires parallèles et flashback à la visite douce-amère de nos deux héros, losers tantôt attachants tantôt têtes-à-claques, qui ont du mal à verbaliser leur mal-être. Ce qui déçoit davantage, ce sont les textes, pas toujours bien dans le ton, manquants de dialogues directs par rapport à des voix-off parfois laborieuses. Un petit défaut qui freine l’empathie envers les personnages, et étouffe quelque peu le crescendo émotionnel sur lequel repose l’intrigue de ces quelque 150 pages. Les Visiteurs restent néanmoins comme une jolie découverte, une bande dessinée originale et engagée, au dessin puissant, à qui il ne manquait pas grand-chose pour véritablement marquer le lecteur.
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