Maggy Garrisson #1
Elle est un peu désemparée Maggy. Pas de boulot stable, pas de mec, pas des masses de copains à part des connaissances de comptoir. Alors, quand une place se présente à elle comme secrétaire d’un détective privé, elle sort son plus beau sourire et décide de se donner à fond. Et découvre rapidement qu’elle a un don pour les petites enquêtes du quotidien.
On n’attendait pas forcément Lewis Trondheim dans ce registre, mais l’auteur de Ralph Azham prouve à nouveau qu’il est bel et bien un talentueux scénariste touche-à-tout. Conservant un rythme soutenu avec une mini-chute par page et un humour pince-sans-rire, il met toutefois en sourdine sa propension aux vannes à répétition, au profit du portrait malin et sensible d’une jeune femme plus si jeune, aux rondeurs assumées et aux yeux fatigués. Personnage abîmé mais plein de ressources, Maggy s’impose dès les premières pages comme une héroïne crédible et attachante, dans une bande dessinée classique, drôle et efficace. Qui suscite une forme de plaisir de lecture nostalgique, quelque chose de simple et direct, le même qu’on pouvait éprouver devant des albums des années 1970-80. La réussite de ces petites aventures cocasses du quotidien, sous-tendue par une potentielle histoire d’amour, doit aussi beaucoup au dessin élégant et inspiré de Stéphane Oiry, qui dépeint l’Angleterre d’aujourd’hui de manière à la fois réaliste (le Brighton Pier, c’est pas toujours une carte postale, ça peut être franchement glauque) et légère (c’est une re-création et non un reportage photo). Vivement la prochaine tournée générale de Maggy Garrison !
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