Uriel Samuel Andrew
Soldats américains, Uriel, Samuel et Andrew reviennent d’Irak, vivants. Le premier retrouve son petit foyer agréable, envisage mariage et premier enfant. Le deuxième tente de s’affirmer face à un père meurtri par la mort au combat de son aîné. Le troisième, adolescent grandi trop vite, est accueilli par sa soeur. Certes, ils sont revenus sains et saufs. Mais ils sont tous trois victimes de stress post-traumatique. Leur retour au pays n’est donc que la poursuite de l’enfer de la guerre.
Après Black Jake, Bloody September, In the name of, ou L’Homme squelette, Will Argunas poursuit son portrait d’une Amérique meurtrie par la violence. Mais cette fois, tout en restant dans le champ de la fiction, il s’éloigne du récit de genre et s’attache à construire un album réaliste au plus près de trajectoires désormais connues de vétérans d’Irak et d’Afghanistan, torturés par des cauchemars. Des cauchemars liés à leur action sur le terrain, face à une population locale hostile et un danger omniprésent, et des victimes civiles par dizaines (sur le même sujet, on peut lire le récent Revenants). Si le sujet est intéressant, car méconnu de notre côté de l’Atlantique, le traitement aurait toutefois mérité d’être un peu plus surprenant. En effet, les trois destins de ces ex-militaires, s’ils sont crédibles, donnent un air de déjà-vu. Notamment pour qui regardent de temps à autre des séries télé ou des films américains… Le dessin d’inspiration photographique, en noir et blanc, trames légères et niveaux de gris, colle au thème et à l’ambiance générale, mais lasse aussi assez vite. Si l’ensemble demeure d’un bon niveau, par sa construction et sa base documentaire, il laisse le sentiment que l’auteur a voulu rester à distance de ses personnages et de leur vie, pour mieux les observer et les donner à voir aux lecteurs, créant ainsi une empathie superficielle et parfois factice. Dommage.
Publiez un commentaire