Anesthésie générale
La vie de Phil est sans dessus-dessous : on vient de diagnostiquer à l’un de ses fils une leucémie « lymphoblastique ». Commence un quotidien intenable, fait d’inquiétudes, de visites et de nuits à l’hôpital, de vigilance constante pour écarter les microbes du système immunitaire affaibli de Max… A la maison, il lui faut rassurer son autre fils, Léo, inquiet du sort de son frère. Bientôt son couple tangue, chavire. Une semaine sur deux, il vit comme un ado dans un studio. Tente de garder son humour, son courage. Et, petit à petit, malgré le spectre de la maladie, de refaire sa vie sentimentale, tout en gardant une cohésion familiale…
Malgré quelques maladresses et passages un brin confus, Anesthésie générale est le récit touchant d’une bagarre, et d’une survie. A petites touches, Michel Vandam dépeint un basculement insoutenable, un cauchemar qui prend corps. Mais son intrigue ne se fait jamais misérabiliste : dans les moments les plus noirs, son héros parvient à rebondir, ou se fait hisser par ses amis ; les scènes à l’hôpital deviennent chorales : les anecdotes des autres patients ou du corps médical entrent dans la danse… Le charme de l’album tient aussi beaucoup au trait au feutre de Delphine Hermans, très coloré et subtil. Dans les instants sombres, elle sait effacer les corps, presque au sens propre, et laisser l’émotion naître.
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